Aux frontières de la justice, aux marges de la société
Une analyse en groupe d'acteurs et de chercheurs
Aux frontières de l'institution judiciaire et aux intersections de différents champs -judiciaire, scolaire, thérapeutique, aide à la jeunesse, travail social, ...-, on observe depuis plusieurs années la multiplication de dispositifs "socio-judiciaires" destinés aux publics désignés ou reconnus comme "déficients ou déviants". Il peut s'agir de la gestion des "élèves difficiles" (en conflit, en rupture ou en décrochage avec l'institution scolaire), de la prise en charge des "mineurs en danger", de la prise en charge des "auteurs d'abus sexuels" et des "usagers problématiques de drogues", mais aussi des modes d'accompagnement des "surendettés", de la définition des droits, devoirs et sanctions des "chômeurs de longue durée" ou des "demandeurs de l'aide sociale".
Quels sont les déplacements des limites, des compétences et des modes d'action de la justice dans sa confrontation à ces divers problèmes sociaux ? Comment ces déplacements modifient-ils l'équilibre entre les différents champs d'intervention sociale ? En quoi ces déplacements participent-ils à une transformation de la définition de la normativité contemporaine, dans un monde marqué par un idéal de prévention des risques et de responsabilisation, l'accroissement du recours au droit et à la justice (pénale) comme régulateur social ?
Basée sur une méthode originale d'analyse en groupe, effectuée avec des intervenants de terrain présents sur huit "scènes" impliquant acteurs judiciaires et extra-judiciaires, la présente recherche analyse en profondeur, dans la chair des pratiques, les modalités contemporaines de l'intervention judiciaire, désormais confrontée aux exigences du "travail en réseau" et de la "gestion des risques".
réf : E018 - 2005 (348 pages), Academia Press - Politique scientifique fédérale - Série "Problèmes actuels concernant la cohésion sociale" ; ISBN : 90-382-0858-8